Quatre jours que je n'ai avalé que de l'eau. Les trois d'avant j'avais progressivement supprimé des classes d'aliments, en commençant par les produits animaux. Et c'est assez net que je me sentais un plus en forme. De là à renoncer à la viande et au fromage.. hum... C'est pas si difficile de ne rien manger, mais c'est parfois frustrant quand le repas sent si bon.. .'ai même fait les courses pour "les autres" et je m'étonnais de mon absence d’appétence pour quoi que ce soit... et puis je suis passée à la caisse... et la note... oh, à peu près le double de d'habitude.

Les petits qui me voient me mettre à table sans manger n'ont guère posé de questions finalement, j'ai dit à la première que je ne mangeais pas parce que je faisais une expérience, et ça a eu l'air de leur suffire. Tous les matins, je fais les pains au chocolat avec eux, et ça sent bon... pourtant j'aurais plus envie de pain frais...

J'ai lu ici et là que les gens après le jeune se dirigeait d'instinct vers les bonnes choses... Pour l'instant mon cerveau reconnait surtout les odeurs de viande grillée, panée avec plein d'épices... et j'ai eu envie de faire des gâteaux, des brioches... En y réfléchissant bien je ne suis pas sure d'être capable de ne pas lecher la pate au fond du plat! alors je me suis abstenue.

Pour l'instant rien ne me laisse penser que j'ai le cerveau plus clair... les émotions, elles, sont bien visibles. Chaque coup de stress, chaque accrochage, chaque dispute déclenche des sensations qui ressemblent à s'y méprendre à la faim. Alors que là, blindée de corps cétoniques, y a pas de raisons que j'ai faim. C'est la chose la plus éclairante que j'en retire. Les émotions mal vécues me donnent faim. Et nul doute qu'elles me fond manger d'habitude.

A part ça, rien de transcendant, une humeur de chiottes aujourd'hui, qui diminue fortement ma motivation à "aller au bout" de mon expérience. Demain j'irais bosser, avec plusieurs échéances pas des moins stressantes... On verra si je persiste, et si je tiens, confinée dans cet environnement fou. qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire les trois midis?

Jeudi, il faudra remanger. Progressivement. Je connais bien le risque, je l'ai découvert à mon insu il y a une quinzaine d'années. Je maudis encore l'endocrino qui m'avait prescrit une diète hyperproteinée sans me dire ce qui se passerai à l'arrêt. Les compulsions. Me jeter sur les glucides sitôt que mon corps y retoucherait, sitôt que le cycle de la cétose se serait arrêté... Savoir, c'est pouvoir.

On verra. J