Encore émue d'hier, je passe ma journée à penser à la vie que je veux, entre deux patients, les présents et les absents. Je rentre, musique à fond, m'imaginant dans un jardin, expliquant la nature, aussi domestiquée soit-elle, à ma fille, et j'ai son visage qui rit sous les yeux, et le vert, beaucoup de vert, en fond joyeux. Je vois du bois, clair, des pièces chaudes, des livres, des jouets, de la lumière. Je vois du temps, pour profiter de cet endroit, de ces moments. Le temps de voir grandir les enfants, de grandir avec eux. Apprendre, partager, échanger, me nourrir de toute cette vie qui déborde. Je ne vois pas la ville, ses trottoirs, son bitume et sa foule. Loin des yeux la pauvreté, loin du coeur la misère. Ça n'est pas le chemin que j'ai pris. A moi de ne pas louper les virages et les carrefours.