Aux nombrils des mondes

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jeudi 5 janvier 2017

DistorsionS

Le temps s'est arrêté.

Les 9 derniers mois sont passés à une vitesse folle.

Il y a 9 mois, j'ai vu s'afficher un nom sur mon téléphone.

La veille déjà une revenante avait envoyé un message qui m'avait fait très plaisir. Ma meilleure amie, celle qui avait coupé les ponts de manière incompréhensible le soir de ma thèse, 7 ans plus tôt, quand le monde , le mien, avait entrepris sa grande bascule vers le chaos. Elle était là, s'excusait, et m'expliquait enfin.

Et donc, un nom, qui m'avait tiré un grand sourire, une voix, toujours aussi sure d'elle, et un "je viens de me faire larguer et c'est très bien" entre deux phrases. Officiellement c'est pour le boulot et on se prévoit un restau pour en discuter plus au calme.

La semaine suivante, je laisse la louloute à ma mère et file avec elle déguster des sushis. Elle est toujours aussi hot. Repas sage et doux, et bla et bla et bla, elle me raccompagne et rentre sagement chez elle. quelques textos les jours suivants, pas trop, un long coup de fil où je pleure beaucoup, et elle veut m'aider à installer mon cab. On se touche on se frôle à la moindre occasion toute la journée au milieu des meubles et des cartons. Elle me fait croire qu'elle n'a rien de prévu le soir et je la retrouve chez elle. Nous serons moins sages. C'est simple facile, ça va vite.

On vit sur la même planète, on parle le même langage, on a les mêmes envies. On se demande où on peut bien aller sans passion, avec une histoire déjà blindée d'ocytocine.

Parce qu'on a été nos premières amours 19 ans plus tôt, qu'on s'est recroisées d'années en années, s'allumant l'air de rien, se frottant l'une à l'autre le temps d'une danse, parce qu'elle m'a suivi toute la grossesse de Louloute, super pro et bienveillante, sans jamais laisser paraitre l'ambiguité de ses sentiments. Et puis elle a disparu, trés pro, et j'avoue que ça m'avait attristée et un peu pincée le coeur. Pendant ces 9 mois je l'avais considérée comme une amie...

On a parlé d'enfants trés vite. Ma louloute l'a adoptée immédiatement, ma famille encore plus vite.

On a démarré des essais bébés au bout de 4 mois, je l'ai demandée en mariage au bout de 5, ma fille l'a demandée en maman, je suis tombée enceinte au bout de 6.

Nous nous sommes mariées au bout de 9 mois et avons annoncé l'arrivée de ce petit garçon qui grandit dans mon ventre le soir du mariage.

On était belles, et rayonnantes, et le monde était parfait.

Nous avons acheté notre maison, une grande maison avec un grand jardin et plein de chambres, et en avons pris possession la veille de Noel. On a découvert les joies des vieilles maisons et tous les petits trucs cachés, les fuites diverses, les papiers peints récalcitrants... Mais on était là, toutes les trois, aidées de mes parents, pour mettre tout ça au propre...

J'étais allongée sur un petit matelas au soleil derrière les baies vitrées en plein calin avec Louloute quand mon téléphone a sonné.

J'ai vu que c'était le cabinet du gynéco. J'ai répondu, toute à la joie de l'instant.

Les résultats du triple test étaient tombés, et ils n'étaient pas bons, risque élevé malgré une écho parfaite et une nuque ultrafine. Il voulait me voir. J'ai commencé à chercher mes dispo pour la semaine suivante, et il m'a dit "demain matin?". J'ai demandé le chiffre, froidement, cliniquement. 1/98. Ok, merci, à demain.

Je suis allée chez le gyneco, J'ai écouté, regardé mes résultats, pris l'ordonnance pour le diagnostic non invasif. J'étais trés calme. Et puis j'ai pensé à ce qui avait changé depuis le coup de fil de la veille. A son nom, à sa chambre, à toutes les projections qui avaient été détruites en plein vol. J'ai senti la tristesse m'envahir et les larmes monter. Je n'ai rien dit, je suis partie.

J'ai rejoins tout le monde pour le déménagement et porté des cartons toute la journée, impassible. J'ai continué à peindre, à dépapieter les jours suivants.

Mais plus personne n'a réussi à parler de la "chambre du bébé" où nous campions avec louloute en attendant que nos chambres soient prêtes. Plus personne n'a osé prononcé le nom si chouette que louloute avait proposé.

J'ai tenté de chercher des infos sur les taux normaux d'alpha foeto proteine pendant la grossesse, pour chiffrer l'ampleur du désastre. J'ai cherché d'autres causes à ce taux si bas. Et pour une fois google est bien avare de résultats. Il répond toujours "syndrome de Down"

J'ai eu un premier trimestre de rêve, pas de fatigue, pas de nausées, malgré le stress de la recherche de prêt pour la maison et le mariage à préparer, et le boulot, et la médiation avec le père de Louloute, et, et et...

J'ai toujours une grossesse de rêve. sauf que je cauchemarde à l'idée de devoir y mettre fin. Sauf que je n'ose plus en parler, préparer mon rempla, imaginer l'avenir. Je n'ai même pas vraiment mal, je ne peux même pas y penser. Sidérée, glacée, figée en attendant.

Nous n'avons rien dit à Louloute, et elle a bien du le sentir. Elle lui parle et le caresse à travers mon ventre avec toute la joie de ses cinq ans et nous dit "j'espère qu'il est bien accroché et qu'il va naitre". Et elle se reveille toutes les nuits.

Je suis froide. clinique. Dissociée. Ma femme m'a demandé de revenir, terrifiée de me sentir si loin. Elle aussi s'est mise à se reveiller, m'entendant pleurer la nuit. M'a proposé aujourd'hui de me redissocier, de faire comme si. Mais ça je ne sais pas faire. Je sais juste revenir, pas partir volontairement.

Culpabilisant déjà de toutes les hormones pourries que je dois envoyer à ce petit bonhomme. Me demandant comment faire pour dire à ma fille que nous avons choisi de faire une IMG, alors que ça me semble juste complètement impossible à concevoir, que j'ai toujours sous les yeux l'écho qui danse, ce petit bonhomme qui suce son pouce et qui se paluche (oui, déjà à 12 SA, y a pas d'age ma bonne dame), et qui bouge dans tous les sens avec son hoquet!

Qu'on a choisi une IMG pour ne pas faire naitre un enfant comme son oncle paternel, que devra gerer son père bientôt, quand les grands parents seront morts. Car pas sur qu'ils menent à bien leur plan initial de le tuer avant que le dernier vivant se suicide quand le premier sera mort.

Je bosse dans une asso médico sociale pour patients déficients, autistes et trisomiques. Une de mes patientes s'est jetée sur moi pour un câlin. Je l'ai repoussée, je l'ai detestée et je me suis detestée. J'ai vu un père et son fils, un père bienveillant et aimant malgré la galère, et j'avais envie de lui demander comment il faisait.

J'ai mis cinq jours à faire la prise de sang. Il y a 2 jours. 3 semaines pour les résultats, à attendre.

Je voudrais que le temps s’arrête vraiment, que je n'empoisonne pas cet enfant.

Qu'on reste sur cette vague géniale où tout était beau et bon, où tout ou presque nous réussissait. Juste quelques jours plus tôt, quand j'avais l'impression d'avoir retrouvé ma chance, et mes neurones, et toutes mes forces, comme avant.

Avant que le monde ne se déchire une première fois, il y a huit ans, dans la petite poche des eaux qui ne contenait plus rien de l'enfant que j’attendais.

Et cette nuit je pouvais encore sentir dans mon vagin et dans mon sexe le passage de cette petite bulle bleue dont j'accouchais, seule dans mon lit, après quelques comprimés de cytotec. Je me souviens que je m'étais préparée, que je l'avais fait très sereinement, accueillant chaque contraction, accompagnant ce qui avait été un embryon aimé et choyé dans son dernier voyage.

J'ai les larmes aux yeux depuis tout à l'heure, et rien ne sort.

Ça va être long. il va bien falloir que j'en parle, avant de blesser les gens de ma froideur si inhabituelle. Que je fasse place à la douleur, quel que soit le temps qu'elle mettra à passer.

Que je continue à vivre, à aimer, à prendre soin de ma vie, des gens que j'aime.

De ce bébé en devenir, qui est là, au creux de moi, quel qu'il soit et quoi qu'on décide pour lui.

Martin.

Il s'appelle Martin.

Et j'espère qu'il va bien.

lundi 21 mars 2016

Dysphorie psychiatrique.

Aujourd'hui j'ai fait ma première attestation "trans".

Ça m'a fait un peu flipper de savoir que j'étais sur une "liste blanche" de psy safe. Non que je ne veuille pas l'être, mais bonjour la pression, je n'y connais rien au fond, être une gouine militante ne me donne pas des qualités spéciales pour aider des trans. Alors j'ai voulu comprendre, ce que pouvait bien être la dysphorie, connement, tout en sentant que quelque chose clochait dans ma démarche. Et je remercie ce jeune homme de m'avoir donné de son temps hier. Je suis repartie avec une petite phrase finalement plus satisfaisante que toute autre explication. "C'est juste moi"

Alors aujourd'hui, quand je suis allée la chercher dans ma salle d'attente, j'ai tendu ma main, fait mon plus beau sourire et je lui ai demandé comment je pouvais l'aider.

Je l'ai vue se tortiller un peu sur la chaise avant de lâcher qu'elle venait pour une attestation pour son changement d'état civil. Cinquième psy. Les quatre autres ont posé des conditions. Alors j'ai dit oui, tout de suite, en lui disant que ça ne m'appartenait pas, que je n'étais pas légitime.

Après, du coup, on a discuté de qui elle était, pour se connaître, pas pour l'attestation, j'essayais de sentir si ce oui d'emblée suffirait à lui permettre d'être ouverte. Et là encore d'un coup, je me suis sentie crade. De quel droit je voudrais qu'elle soit ouverte avec moi? Mes autres patients, ils viennent d'eux-mêmes, pour eux.

Pas elle. Elle elle vient parce qu'on lui demande qu'un psy atteste qu'elle est bien définitivement et irréversiblement elle. Alors j'ai arrêté de vouloir la connaître, et j'ai donné un peu de moi.

Et puis il a fallu rédiger. On a regardé sur internet pour savoir ce qu'il fallait. J'ai eu la nausée tous les trois mots, et je lui ai dit. J'ai gambergé pour choisir chaque mot, chaque tournure, pour diminuer la charge transphobe par essence de mes mots. J'ai pris conscience que pour l'aider il me fallait donc être complice du système oppresseur.

Quand, galérant avec la facturation sécu, disant que je n'était pas son médecin traitant, encore que ce soit possible... "Je veux bien que vous soyez mon médecin traitant". Je l'ai prévenue que je serais nulle pour l'aider à soigner ses rhumes. Elle a ri.

Et je me suis excusée, sur le pas de la porte, pour ce que notre société lui faisait endurer.

Aujourd'hui, clairement, je me suis sentie dysphorique comme psychiatre. L'injuste et l'humiliant de la loi m'a sauté à la gueule. Et là, pas de doute, j'étais du côté du système oppresseur. Il a fallu choisir.

Je repense à @LlamaTelas, au jeune médecin dont il m'a parlé qui a écrit que les transsexuels étaient des monstres.

J'ai choisi. Je serais du côté des "monstres".

Elle est là, ma place de médecin.

mardi 24 février 2015

La vie rêvée

Je me lève, tôt. J'allume le four, met de l'eau à chauffer pour le thé, le café. Je vais nourrir les animaux: les chevaux, les poules, peut-être même quelques chèvres. Je retourne au chaud dans la maison, met du pain, ou des brioches au four, et file réveiller les enfants et me laver. On déjeune, tous ensemble dans la bonne odeur de pain chaud, les effluves de thé, café, chocolat...

En route pour l'école puis une fois les enfants posés, en route pour mon cabinet. Des consults jusqu'à 15h, une dizaine, juste le temps d'aller nager avant de récupérer les loulous.

On goute, on file au jardin, évidemment permaculturel, on s'occupe des animaux, on part se balader à pied, à vélo, à cheval... on rentre faire les devoirs, puis direction le bain ou la douche des petits, le pyj, le temps libre pour jouer, lire pendant que le repas cuit. On mange, ensemble, s'écoutant autour des évènements notables du jour, les petits malheurs et les grands bonheurs.

S'ensuit un temps calme câlins et histoires avant d'aller au lit pour les plus jeunes qui rejoignent morphée. Peut-être même qu'on s'installe tous en rond sur nos zafus et qu'on cultive l'attention bienveillante.

Reste aux adultes la soirée: chorale, réunion politique, soirée jeux ou soirée en amoureuse? Il faut de tout pour faire un monde, et varier les plaisirs!

Se coucher, pas trop tard, au fond du lit moelleux, avec la sensation du devoir accompli, des pas en accords avec soi.

Est-ce si loin de ma vie actuelle? Où suis-je en désaccord? Qu'est-ce qui n'est pas entre mes mains?

mardi 8 avril 2014

Le parti Lesbien, part II

Un, deux puis trois appels pour avoir des news. Çà filtre ou botte en touche de l'autre côté. Je lance une amie commune dans la danse, peut-être qu'elle obtiendra des infos... Toujours ce silence, complètement fou, complètement dissonant avec les entretiens. Suis-je complètement folle ou désadaptée? A ce point sortie de la réalité? Je prends sur moi, n'écoute pas ma paranoïa, et de ma plus calme plume, j'envoie un mail.

Mon téléphone a fini par sonner. La voix est amicale, chaleureuse, et désolée. Il me tutoie, me dit qu'il aurait vraiment voulu bosser avec moi, mais qu'ils ont voté, tous à égalité. Que le silence, c'était le temps de réussir à se mettre d'accord.

Je suis "trop". Trop qualifiée, compétente, énergique. Ils ont peur que je m'ennuie, et que je fasse la révolution. Un poste tranquille dans un truc qui ronronne. Ils ont peur que je le change. Alors les compères ont choisi une jeune interne, sans expérience et sans doute très gentille.

Trop charismatique aussi, me dit la voix doucement.

Quelque chose me dit que si j'avais été un mec, ils n'auraient pas eu peur de mon CV bourré aux amphets. Çà n'aurait pas remis en cause leur virilité. Et si j'avais été douce et gentille, plus "féminine", là aussi ça passerait. Mes longs cheveux, mes mains fines, ma petite veste, le collier et les talons ne suffisent pas à masquer mon autonomie, mon indépendance et l'absence totale de rapport de séduction avec les mecs.

Peut-être qu'il est sincère, celui qui me parle d'un prochain poste, où là mon expérience serait bienvenue... la petite voix dans ma tête commence déjà à lister leurs prochaines excuses... je ne vais pas l'écouter, la petite voix de la paranoïa, je vais renvoyer un mail, remercier, les féliciter de m'avoir si bien cernée et être désolée que ça n'ai pas convenu cette fois-ci et parler déjà de la suite.

Pas sure que ça suffise à les rassurer, les petits.

J'ai été si mal habituée, faut dire, dans mon équipe de CHRU, chouchoutée par un chef exigeant et d'une loyauté sans faille, dans une équipe où nos sexes et nos sexualités n'étaient qu'une source de blague, où quels que soient nos genres, l'important était la qualité de notre travail. Bordel, ce qu'ils peuvent me manquer, mes collègues. Tous overtypés, tous différents, complémentaires et solidaires...

Là-bas je pouvais être un "mec" aux gros seins et aux cheveux longs, j'étais juste un excellent élément dans une excellente équipe. J'en ai oublié que j'étais une fille. Apparemment, ici, elles doivent respecter les "codes". Je suis pas prête à me vendre sur ce plan là. Va falloir la jouer fine. J'ai pas envie de lâcher l'affaire.

dimanche 23 mars 2014

Jour 4

Quatre jours que je n'ai avalé que de l'eau. Les trois d'avant j'avais progressivement supprimé des classes d'aliments, en commençant par les produits animaux. Et c'est assez net que je me sentais un plus en forme. De là à renoncer à la viande et au fromage.. hum... C'est pas si difficile de ne rien manger, mais c'est parfois frustrant quand le repas sent si bon.. .'ai même fait les courses pour "les autres" et je m'étonnais de mon absence d’appétence pour quoi que ce soit... et puis je suis passée à la caisse... et la note... oh, à peu près le double de d'habitude.

Les petits qui me voient me mettre à table sans manger n'ont guère posé de questions finalement, j'ai dit à la première que je ne mangeais pas parce que je faisais une expérience, et ça a eu l'air de leur suffire. Tous les matins, je fais les pains au chocolat avec eux, et ça sent bon... pourtant j'aurais plus envie de pain frais...

J'ai lu ici et là que les gens après le jeune se dirigeait d'instinct vers les bonnes choses... Pour l'instant mon cerveau reconnait surtout les odeurs de viande grillée, panée avec plein d'épices... et j'ai eu envie de faire des gâteaux, des brioches... En y réfléchissant bien je ne suis pas sure d'être capable de ne pas lecher la pate au fond du plat! alors je me suis abstenue.

Pour l'instant rien ne me laisse penser que j'ai le cerveau plus clair... les émotions, elles, sont bien visibles. Chaque coup de stress, chaque accrochage, chaque dispute déclenche des sensations qui ressemblent à s'y méprendre à la faim. Alors que là, blindée de corps cétoniques, y a pas de raisons que j'ai faim. C'est la chose la plus éclairante que j'en retire. Les émotions mal vécues me donnent faim. Et nul doute qu'elles me fond manger d'habitude.

A part ça, rien de transcendant, une humeur de chiottes aujourd'hui, qui diminue fortement ma motivation à "aller au bout" de mon expérience. Demain j'irais bosser, avec plusieurs échéances pas des moins stressantes... On verra si je persiste, et si je tiens, confinée dans cet environnement fou. qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire les trois midis?

Jeudi, il faudra remanger. Progressivement. Je connais bien le risque, je l'ai découvert à mon insu il y a une quinzaine d'années. Je maudis encore l'endocrino qui m'avait prescrit une diète hyperproteinée sans me dire ce qui se passerai à l'arrêt. Les compulsions. Me jeter sur les glucides sitôt que mon corps y retoucherait, sitôt que le cycle de la cétose se serait arrêté... Savoir, c'est pouvoir.

On verra. J

dimanche 16 mars 2014

Jeune

Ça fait plusieurs jours que ça me trotte dans la tête. Je veux faire un jeune. Je me sens encrassée de partout, ralentie, alourdie. Ma très chère se moque de moi, encore un truc new age, "et toi qui es contre les régimes!"

Oui, je suis contre les régimes, et d'ailleurs de but n'est pas de perdre du poids, même si ça me ferait du bien. J'ai envie de donner l'occasion à mon corps de se réveiller. Je ne le vis pas du tout dans une optique de privation, bien au contraire, je sens que j'ai des choses à y découvrir, maintenant.

Socrate en vantait déjà les mérites, les religions l'ont repris à leur manière, il doit y avoir des raisons.

Pas grand chose à dire si ce n'est que je suis très calme à cette idée, avec déjà l'envie de mettre le réveil à 6h au lieu de 7 pour prendre du temps pour aller marcher, courir et méditer un peu. Une habitude que je pourrais garder au passage.

Histoire d'arroser un peu ce que je veux voir grandir en moi.

vendredi 27 septembre 2013

Défusion

Me voilà devant la page blanche et les pensées qui s'affolent. J'aime écrire. Avant j'étais lue. Je me sentais plutôt douée, capable de jouer. Et puis le chaos est venu. Ça rend certains brillants. J'ai arrêté d'écrire, j'ai arrêté de lire. Adieu la musique des mots. Me voilà gauche, encore un peu vide et quasiment honteuse. J'ai la pensée que... je ne sais plus écrire, que je n'ai plus rien à dire. Toute une litanie qui tourne tourne tourne... et me paralyse. Ah non, ça, c'est moi, qui choisit, plutôt que la peur, plutôt que la honte, le silence. Pas ce soir. Ce soir je suis là, avec mes pensées et mon amour des mots. Ce soir j'emmerde la fatigue, la tristesse et mes auto-critiques. J'aime être là, c'est important pour moi. Comme un entrainement, pas à pas, retrouver les gestes, les sons, les rythmes... En réeduc. Je suis en rééducation d'écrire. Alors les couacs et les formules moches, ça fait partie du jeu. Pratiquer-faire des erreurs-avancer. Retrouver des contraintes pour nourrir ma créativité, quelques idéaux à défendre, des cordes émotionnelles à pincer... d'abord les miennes. Ping! Une nouvelle pensée me fracasse "je ne suis plus capable de sincérité" paf, sa jumelle m'informe que pas plus pour la légèreté. Ah bah je serais lourde alors, je ne veux plus faire silence. Je vois bien pourtant que le reste de ma pensée s'est étiolée sous cette double frappe, guère chirurgicale... Flute, je ne veux pas abandonner là dessus et je vois bien que d'un coup j'ai plein de choses à faire qui vont m’éloigner de ce clavier. J'essaie de retrouver ce qui me nourrissait avant... d'autre que mon narcissisme démesuré. Ah, bien cachée celle-là de critique... "je ne suis plus qu'un nombril vide"; Ouais, et alors ai-je envie de te dire, j'ai bien le droit d'être un narcisse bruyant. Et v'la que je commence à interroger mes motivations, encore une stratégies sous-tendue de mépris pour m'éloigner du clavier. Je suis là, mes chères pensées. Je vous vois, avec vos petites ruses minables. C'est ok pour la peur, ok pour la honte, ok pour le jugement. Je suis là et je vous expose. Je me donne le droit d'écrire, de retravailler, de réapprendre. De me retrouver.

mercredi 3 juillet 2013

Jalons

Encore émue d'hier, je passe ma journée à penser à la vie que je veux, entre deux patients, les présents et les absents. Je rentre, musique à fond, m'imaginant dans un jardin, expliquant la nature, aussi domestiquée soit-elle, à ma fille, et j'ai son visage qui rit sous les yeux, et le vert, beaucoup de vert, en fond joyeux. Je vois du bois, clair, des pièces chaudes, des livres, des jouets, de la lumière. Je vois du temps, pour profiter de cet endroit, de ces moments. Le temps de voir grandir les enfants, de grandir avec eux. Apprendre, partager, échanger, me nourrir de toute cette vie qui déborde. Je ne vois pas la ville, ses trottoirs, son bitume et sa foule. Loin des yeux la pauvreté, loin du coeur la misère. Ça n'est pas le chemin que j'ai pris. A moi de ne pas louper les virages et les carrefours.

mardi 2 juillet 2013

sur le chemin d'être mère...

Je suis rentrée tard du boulot. J'ai fait raté une réunion à la nounou qui faisait les 100 pas dans le parc devant la maison avec pepinette, manifestement enervée par mon retard. "Elle est fatiguée, ça fait un moment qu'elle pleure". Pepinette ne pleure quasiment jamais. S'allume dans ma tête qu'elle a du percevoir la tension et le manque de disponibilité de sa nounou. Nous voilà à la maison à 19h... hier déjà elle était cuite et j'ai fait sauter son bain, elle était trés triste et je lui ai promis qu'aujourd'hui on prendrait un bain ensemble. Oui, elle a 19 mois et je lui fait ce genre de promesses. "Mais il est tard". Je suis un peu obsédée par le manque de sommeil, et fait tout pour respecter scrupuleusement son heure de coucher... j'ai la tête farcie de "elle va être fatiguée" "elle est fatiguée"... Je sens bien que moi aussi je suis un peu énervée par ma journée.

"Ralentir, Observer, Choisir".

Qu'est-ce que je veux offrir comme mère à cette petite? Une mère disponible, présente, à l'écoute de ses besoins. "Tu veux manger ou prendre le bain?" Elle va se mettre à table en faisant des bruits de bouche, je prend ça comme une réponse. Elle s'arrête, gentiment mais fermement au 3/4 de son plat. Et pour une fois, je n'insiste pas. J'ouvre l'eau, et l'eau chaude envahit la baignoire, ce cimetière géant de jouets en plastique qui retrouvent une 36millième vie. A l'eau la crapouille. Elle saisit mon jean et essaie de me déshabiller. Elle n'a pas oublié, et elle a probablement plus besoin de ce moment que d'une demie-heure de sommeil. Au diable mes pensées! Quarante minutes dans le présent, sans pensées, juste à vivre et à jouer avec cette petite merveille. Bordel, que c'est chouette. Je suis là, complètement là, la mère que j'ai envie d'être pour elle. On joue, je la vois tester, découvrir, explorer, réussir. Grandir. Je sors, elle demande à sortir aussi, se laisse habiller sans difficultés aucune, me prend le visage dans ses deux petites mains et m'embrasse partout avec des petits bruits et beaucoup de tendresse. Ma fille, ce grand bloc d'amour qui sait encore si bien recevoir et donner.

Pour la peine, elle est retournée finir son assiette, a demandé du chocolat, pleurant devant mon refus et rapidement trouvant une alternative: des céréales au chocolat. son bib, d'abord à table, puis dans le lit du grand, déjà en vacances, avec moi contre elle à lui parler, à lui dire combien j'étais heureuse de se moment, lui caressant la joue, embrassant ses cheveux... et dans son petit lit de bébé, les dernières caresses, les derniers mots doux jusqu'à demain matin....

Ciel, elle est au lit 15 minutes après l'heure! Cette pensée là n'est même pas venue, son germe balayé par la richesse de ce moment là...

"Ralentir, Observer, Choisir"

samedi 13 avril 2013

Les premiers mots

A nouveau.

Avant, quand j'étais jeune, d'avoir croisé une amante un peu geek, j'ai eu un blog, aujourd'hui disparu dans le chaos de la plateforme qui l'accueillait. Quatre ans de ma vie.

Aujourd'hui, l'amante un peu geek est devenue ma femme, même si nos noms ne sont pas gravés au bas d'un parchemin, et deux loupiots éclairent nos jours. Et nos nuits parfois un peu, hélas.

L'envie d'écrire, à nouveau, de partager, de relire d'autres blogs me reprend. Alors, profitant de l'absence de ma femme, me voilà à farfouiller pour acheter un nom, un espace, pour y semer d'autres petits cailloux un peu désordonnés...

Bienvenue chez moi, bienvenue chez vous, bienvenue chez nous.